Défenseur droits : un site de signalement antidiscrimination

Défenseur droits : un site de signalement antidiscrimination

(j’ai pris cet article sur le site handicap.fr)

antidiscriminations.fr, c’est le tout nouveau site lancé le 12 février 2021 par le Défenseur des droits (DDD), un service de signalement et d’accompagnement des victimes. Doté d’un numéro de téléphone à quatre chiffres (39 28), d’un tchat, et d’un accès « sourds ou malentendants » (détails ci-dessous), il est destiné aux personnes victimes ou témoins de discriminations, quel qu’en soit le motif (origine, handicap, sexe, etc.) et le domaine (emploi, logement, accès à un service, etc.). Rappelons que les personnes handicapées sont en première ligne puisque, pour la troisième année consécutive (chiffres 2019), les discriminations liées au handicap arrivent en première position des saisines reçues par le DDD, soit 22,7 %, loin devant l’origine (14,5 %) et l’état de santé (10,3 %).

Des juristes experts

Claire Hédon, Défenseure des droits, assure avoir voulu faire de la lutte contre les discriminations « l’un des axes de travail majeur » de son mandat. Cette institution « bénéficie d’une expertise juridique reconnue et des relais d’accompagnement sur le territoire, nécessaires à la bonne mise en œuvre de ce service, avec un réseau de plus de 530 délégués répartis en métropole et outre-mer ». Lors de l’appel ou du contact, des juristes du DDD, spécialement formés à la lutte contre les discriminations, effectuent un premier niveau de prise en charge : écoute, réponse aux questions, première qualification juridique de la situation, explication des démarches possibles et orientation. « La frontière entre discriminations, violences et propos haineux peut être difficile à établir par les victimes », explique Claire Hédon. Si la situation relève d’un de ses champs de compétence, le DDD pourra intervenir selon ses modes d’action habituels pour rétablir la personne dans ses droits. Si ce n’est pas de son ressort, elle orientera vers les interlocuteurs institutionnels ou associatifs compétents.

Une dynamique plus large

Selon la Défenseure des droits, « l’expérience répétée des discriminations a des conséquences délétères et durables sur les parcours individuels et mine la cohésion de la société française. Par ailleurs, la majorité des personnes concernées n’engagent pas de recours, soit parce qu’elles ont le sentiment que la démarche n’en vaut pas la peine, soit qu’elles n’ont pas de preuve ou qu’elles ne savent tout simplement par vers qui se tourner ». C’est pourquoi, en travaillant avec l’ensemble des acteurs compétents, pouvoirs publics et associations, le DDD s’engage à « assurer la plus grande continuité possible dans le service rendu aux victimes ». Ce dispositif doit être enrichi au cours des prochains mois.« C’est une pierre qui doit s’inscrire dans une dynamique plus large si nous voulons être à la hauteur de l’enjeu », conclut Claire Hédon.

En pratique ?

• Site : www.antidiscrimination.fr

• Tél. : 39 28, prix d’un appel local, du lundi au vendredi de 9h à 18h

• Tchat : du lundi au vendredi de 9h à 18h

• Sourds et malentendants : accès en Langue des signes française (LSF), Transcription en temps réel de la parole (TTRP) et Langue française parlée complétée (LPC), du lundi au vendredi de 9h à 18h

• Pour Saint-Pierre-et-Miquelon (975), Wallis et Futuna (986), Polynésie française (987) et Nouvelle Calédonie (988), contact au 09 69 39 00 00 (prix d’un appel local, du lundi au vendredi, de 9h à 18h heure de Paris.

Être parHANDs : un guide pour aider les parents handicapés

Être parHANDs : un guide pour aider les parents handicapés

(j’ai pris cet article sur le site handicap.fr)

A l’heure où le gouvernement ouvre une PCH (prestation de compensation du handicap) dédiée, la question de la parentalité des personnes en situation de handicap est plus que jamais d’actualité. En Auvergne-Rhône-Alpes, on prend le sujet à bras-le-corps avec une publication du collectif Être parHANDs en décembre 2020. Il s’agit là du premier guide dédié à la parentalité des personnes handicapées ancré sur ce territoire. Il est préfacé par Denis Piveteau, auteur du rapport « Zéro sans solution », et illustré par Eléonore Despax. Objectif ? Répondre, en 60 pages, aux questions les plus fréquentes : le désir d’enfant, la grossesse, la petite enfance et les modes de garde, l’école et les activités périscolaires, les vacances, le divorce, les parents solos, en identifiant les ressources et les acteurs essentiels.

Des solutions concrètes

Il a aussi vocation à faire tomber des a-priori souvent négatifs. « Faire famille lorsque l’on vit une situation de handicap reste encore un parcours semé d’obstacles, explique le collectif qui rassemble une cinquantaine de parents en situation de handicap moteur ou sensoriel. Les ressources existantes et les accompagnements traditionnels sont loin de prendre en compte les spécificités liées à leurs besoins de compensation ». Les informations sur ce sujet sont difficiles à obtenir et souvent méconnues. Ce guide, qui se veut un « véritable acte militant », apporte de nombreux conseils pratiques et recense des solutions innovantes. « Il démontre qu’à partir d’un réseau d’entraide peuvent se développer des compétences, des actions, des outils propres à enrichir ceux des professionnels de la parentalité afin de faire bouger les lignes », explique le collectif Être parHANDs né à Villeurbanne (69), en 2014, au sein d’APF France Handicap. 

Ce guide est disponible au prix de 18 euros (frais de port inclus), avec un tarif spécifique de 8 euros pour les parents. Pour en savoir plus et le commander, contacter : Delphine Siegrist ( etreparhands@gmail.com ) ou Vincent Plazy ( vincent.plazy@apf.asso.fr ).

PCH parentalité, quelles aides ?

Rappelons que l’arrêté du 17 décembre 2020 fixe les montants attribuables dans le cadre de la nouvelle PCH parentalité. Pour l’aide humaine, un forfait de 900 euros par mois pour un enfant (quel que soit le nombre) de 0 à moins de 3 ans et de 450 de 3 à 7 ans, avec 50 % supplémentaires pour une famille monoparentale. A cela s’ajoute un forfait pour l’acquisition d’aides techniques adaptées, perçu, cette fois-ci, pour chaque enfant : 1 400 euros à la naissance puis 1 200 euros au troisième anniversaire et 1 000 au sixième. Effective depuis le 1er janvier 2021, elle devrait concerner 17 000 familles.

Nouvelle mission sur l’autonomie : handicap sur la touche?

(j’ai pris cet article sur le site handicap.fr)
Une annonce vient clore une semaine de critiques à la suite des déclarations du gouvernement sur le rapport du projet de loi Grand âge et autonomie « tant que la crise sanitaire ne sera pas jugulée ». Le 21 janvier 2021, avec Olivier Véran, ministre de la Santé, Brigitte Bourguignon, ministre dédiée à l’Autonomie, confie à Dominique Libault, président du Haut Conseil du financement de la protection sociale (HCFPS), une nouvelle mission sur ce thème. C’est lui qui, déjà, en septembre 2019, avait remis sa copie avec 175 propositions de réforme pour faire face à ce vaste chantier.

3 priorités concrètes

Aujourd’hui, sa mission « opérationnelle » porte sur trois priorités concrètes pour les acteurs de terrain :
 
• 1. La généralisation d’un guichet unique pour les personnes en perte d’autonomie dédié à l’accueil, l’information, l’orientation, l’accompagnement dans les démarches et l’accès aux droits à la suite de la création de la 5e branche de la Sécurité Sociale en 2020 ;
 
• 2. La nécessaire articulation des professionnels de santé et des professionnels du grand âge sur les territoires en s’appuyant sur les bonnes pratiques de coopération pour simplifier la vie des personnes ;
 
• 3. La création et l’animation d’un comité « autonomie et parcours de soins » pour décloisonner les différents secteurs, favoriser les échanges et renforcer les dynamiques territoriales en faveur du parcours des personnes âgées.

Les propositions issues du comité opérationnel seront examinées lors d’une réunion mensuelle « avec l’ensemble des acteurs du secteur » pour « donner lieu à des actions fortes et rapides », selon le ministère de l’Autonomie.

Et le handicap ?

Si Sophie Cluzel, secrétaire d’Etat au Handicap, semble partie prenante en étant citée dans ce communiqué, ce dernier ne mentionne que les personnes âgées. « L’objectif est de simplifier l’accès à l’information pour les personnes âgées et leurs proches mais aussi de fluidifier leurs parcours », explique en effet Brigitte Bourguignon. « Le titre du communiqué parle bien de l’autonomie mais le reste beaucoup moins », a réagi Arnaud de Broca, président du Collectif handicaps. Il ajoute que « le point 1 n’est pas ciblé Grand âge, et les missions des guichets uniques ressemblent beaucoup à celles des MDPH(Maisons départementales de personnes handicapées) ». S’agit-il d’une mission sur le déploiement des Maisons départementales de l’autonomie, qui seraient donc les déclinaisons départementales de la 5ebranche ? « Ce sujet concerne pleinement le handicap et le chantier MDPH 2022 lancé par Sophie Cluzel, poursuit Arnaud de Broca, et nécessite une étroite collaboration entre ministres mais aussi avec les associations de personnes handicapées. » Il s’étonne que les points 2 et 3 ne mentionnent que le Grand âge alors que le deuxième concerne aussi le handicap.  

Sortir de l’approche en silo

« Décidément, cette réforme s’engage de manière assez étrange, en empilant les rapports et études(également celui de Luc Broussy), sans jouer pleinement la carte de l’évolution historique que pourrait constituer cette nouvelle 5e branche, qui devait être le marqueur social de la fin du quinquennat », regrette Arnaud de Broca, qui invite à « sortir d’une approche en silo pour envisager une approche globale sur les politiques de l’autonomie ». Cette annonce a été faite à la suite d’une réunion à laquelle n’étaient visiblement pas conviés les représentants associatifs, en tout cas pas ceux du champ du handicap, « ce qui n’augure pas d’une volonté de construire cette réforme avec les personnes », déplore le président du Collectif handicaps. Une réunion mensuelle étant annoncée, il espère que « leurs associations y seront conviées ».

Vaccination en MAS et FAM : comment ça va se passer?

(j’ai pris cet article sur le site handicap.fr)
• Qui est concerné ? Les 60 000 personnes en situation de handicap accueillies en établissements médico-sociaux médicalisés de type FAM (Foyer d’accueil médicalisé) et MAS (Maison d’accueil spécialisée), quels que soient leur handicap et leur âge, même si elles n’ont pas atteint 75 ans. Cela concerne également les professionnels de plus de 50 ans, ou de moins de 50 ans ayant des comorbidités, qui les accompagnent.

• Pourquoi ? Ce public ne faisait pas partie de la phase 1 de vaccination prévue à l’origine par la Haute autorité de santé (HAS) mais, le 7 janvier 2021, Jean Castex a annoncé qu’il pourrait être vacciné en priorité au même titre que les personnes âgées accueillies en Ehpad car, nécessitant des soins constants, il est jugé plus vulnérable.

• Quand ? La vaccination des personnes en situation de handicap âgées, résidant en Ehpad, a été lancée officiellement le 11 janvier par Sophie Cluzel, secrétaire d’Etat au Handicap. La campagne de vaccination en MAS et FAM doit démarrer entre le 18 et le 31 janvier 2021 et s’étaler durant tout le mois de février.

• Quel consentement ? Depuis mi-décembre, il est recueilli dans les établissements concernés, avec un « gros travail de pédagogie », selon Sophie Cluzel qui, donnant priorité à « l’auto-détermination », dit « avoir rencontré des résidents très au fait » qui donnent un « consentement très éclairé ».

• Un document en FALC ? En facile à lire et à comprendre, illustré de pictogrammes et dessins et facilitant la compréhension du processus de vaccination, il est diffusé en ligne sur le site handicap.gouv.fr (lien direct ci-dessous) et auprès des organismes gestionnaires.

• Pour les personnes sous curatelle et tutelle ? En cas de curatelle, la personne reste seule décisionnaire sans que son mandataire ne puisse se substituer à elle. En cas de tutelle ou habilitation familiale, cela dépend. Si la personne protégée en est capable, elle conserve son droit de décision sur les questions de santé. Dans le cas contraire, c’est le proche chargé de sa protection, habilité par le juge, qui pourra faire ce choix.

• Si je change d’avis ? Cette démarche est volontaire et toute personne peut changer d’avis jusqu’au dernier moment. En cas de désistement et pour limiter au maximum tout gâchis, la dose peut être réattribuée à un autre résident ou membre du personnel qui aurait donné son consentement entre temps. Si la personne souhaite à nouveau se faire vacciner, elle pourra l’être lors de la séquence de vaccination prévue au sein de son établissement pour la réalisation de la deuxième injection (le vaccin doit en effet être injecté en deux doses).

• Si j’ai peur ? Pour les personnes pouvant redouter la « piqûre », il est recommandé de leur permettre d’assister à la vaccination d’un autre résident afin de dédramatiser la situation ou d’encourager la présence d’un tiers « rassurant » le moment venu.

 Si je refuse ? La vaccination n’est en aucun cas obligatoire et ce choix doit être respecté par les établissements. Si la grande majorité a été vaccinée, l’ensemble des résidents sera mieux protégé. Certaines familles redoutent une mise à l’écart de la collectivité de leur proche non vacciné ; le secrétariat d’Etat au Handicap répond qu’aucune pression ne peut être exercée de la part des directions, admettant néanmoins « qu’il faut être vigilant si une personne fragile n’a pas été vaccinée ». En cas d’abus de pouvoir, il invite à « dialoguer au sein du conseil de la vie sociale ».

• Quelles contre-indications ? Pour le moment, le vaccin Pfizer est déconseillé aux personnes qui ont eu un épisode Covid de moins de trois mois ou ceux souffrant d’allergies graves (risque anaphylactique). C’est au médecin que revient la décision de prescrire ou non le le vaccin lors de la consultation pré-vaccinale. Le secrétariat d’Etat au Handicap assure que « d’autres vaccins sont en attente, fin janvier ou février, comme le Moderna ou l’Astrazeneca, avec des risques allergiques plus limités ».

• Quel délai ? Après avoir réalisé les consultations pré-vaccinales d’information, les équipes doivent établir la liste des résidents ayant donné leur consentement. Elle est renvoyée cinq jours auparavant pour permettre la commande et le traitement logistique. Toutes les doses doivent être écoulées le jour J (5 par flacons, voire 6), l’objectif étant d’éviter au maximum les pertes.

• Qui fournit les doses ? Il existe deux flux.
– A : les pharmacies de ville qui ont déjà été rodées à ce type de logistique lors de l’approvisionnement en masques et sont chargées de l’approvisionnement des Ehpad en vaccins. 
– B : les 100 centres hospitaliers, qui disposent d’un congélateur à -80 degrés nécessaire à la conservation du vaccin Pfizer, pour tous les établissements publics qui y sont rattachés. 

• A quel endroit ? Il existe quatre options pour procéder à cette vaccination, sachant qu’un personnel soignant doit être présent le jour J :
1. Au sein des établissements médico-sociaux qui disposent d’une équipe médicale. 
2. Un renfort de personnel soignant est possible suite à l’annonce du 7 janvier 2021 d’octroyer un forfait aux médecins et infirmiers libéraux qui souhaitent prêter main-forte à ces établissements (article en lien ci-dessous). 
3. Au sein des centres de vaccination qui sont en train d’ouvrir dans chaque département.
4. Via des équipes mobiles qui vont être déployées sur tout le territoire.

 A quel prix ? Entièrement prise en charge par les pouvoir publics, la vaccination est gratuite pour le résident comme pour les établissements.

• Les structures sont-elles prêtes ? Le secrétariat d’Etat organise des conférences régulières avec les organismes gestionnaires, assurant qu’ils sont « préparés ». Les FAM et MAS doivent avoir un frigo dédié et un thermomètre adapté.

• Et après ? Les personnes vaccinées doivent continuer à porter un masque et à appliquer les gestes barrière car on ne sait pas encore si le vaccin empêche la transmission de la Covid-19.

• En cas de problème ? Un « suivi des événements indésirables » liés à la vaccination anti-Covid est effectué en ligne sur le site ameli.fr. Tout médecin est invité à déclarer les effets secondaires observés, par exemple maux de tête, courbatures, fièvre, réaction épidermique… 

• Esat et IME sont-ils concernés ? Non, dans le cadre de cette phase 1, ni les uns ni les autres.
– Les IEM (instituts d’éducation motrice) et IME (instituts médico-éducatifs) au motif que la Haute autorité de santé (HAS) ne recommande pas la vaccination des enfants et plus jeunes.
– Les Esat (établissements et services par le travail) car leurs travailleurs, souvent jeunes, ne sont pas considérés comme personnes vulnérables et que les principes de précaution sanitaire, notamment les gestes barrière très stricts, mis en œuvre dès le premier confinement, suffisent à limiter les risques de contamination. Pour le moment, le calendrier vaccinal ne prévoit pas la vaccination des personnes accueillies dans d’autres établissements que les MAS et FAM avant mars ou début avril. Sous réserve d’évolution de la crise…

• Les personnes malades ou handicapées à domicile ? Elles ne sont pas concernées par cette phase 1, au grand dam de certaines associations qui réclament des mesures d’urgence pour certains publics jugés particulièrement vulnérables. Mais, le 14 janvier, Jean Castex annonce l’ouverture de la vaccination aux Français présentant des pathologies à très haut risque d’hospitalisation ou de décès, à partir du 18 janvier. Il s’agit des personnes souffrant d’insuffisance rénale, celles ayant été transplantées, étant sous traitement pour un cancer ou porteuses de trisomie 21. 800 000 patients seraient concernés. 

• Et les aides à domicile ? Les aides à domicile de plus de 50 ans,  ou de moins de 50 ans et à risque de forme grave, qui le souhaitent peuvent, comme les professionnels de santé, se faire vacciner dès à présent.

PCH parentalité: 900 € par mois pour s’occuper de son enfant

(j’ai pris cet article sur le site handicap.fr)

Cette mesure était revendiquée depuis plus de 15 ans par les associations, depuis que la Prestation de compensation du handicap existe. Dès le 1er janvier 2021, la PCH parentalité est entrée en vigueur. Le décret 2020-1826 paru au Journal officiel le 31 décembre 2020 officialise ce nouveau volet. Cette aide va permettre aux personnes qui sont déjà bénéficiaires de la PCH aide humaine d’être assistés dans leur rôle de parent au quotidien, dès la naissance de leur enfant. Elle porte à la fois sur une aide humaine (par exemple langer un bébé, lui donner à manger, lui faire prendre son bain, emmener un enfant à l’école) et les aides techniques (poussette adaptée au fauteuil, salle de bain et lit…). Sa mise en œuvre concrétise l’engagement du Président de la République lors de la Conférence nationale du handicap du 11 février 2020. 17 000 parents seraient concernés selon un rapport de l’Igas (Inspection générale des affaires sociales) de 2016, peut-être davantage.

Quels montants ?

Cette nouvelle prestation va ainsi permettre de rémunérer, par exemple, un intervenant au domicile (voir modalités précises dans l’interview du secrétariat d’Etat au Handicap). Le montant est fixé à 900 euros par mois lorsque l’enfant a moins de 3 ans et à 450 euros entre 3 et 7 ans. Les familles monoparentales bénéficient d’une majoration de 50 %, soit, respectivement, 1 350 et 675 euros selon l’âge. S’y ajoutent les aides forfaitaires pour l’acquisition de matériel spécialisé de puériculture qui sont allouées automatiquement au parent bénéficiaire de la PCH lors de la naissance de son enfant, puis aux troisième et sixième anniversaires ; leur montant atteint donc 3 600 euros dans les six premières années de l’enfant. Selon Sophie Cluzel, secrétaire d’Etat au Handicap, il s’agit d’un « vrai levier pour rendre concrets et effectifs les droits des personnes en situation de handicap de fonder ou agrandir une famille». La Loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS) pour 2021 prévoit une enveloppe dédiée de 200 millions d’euros.

Avancée historique mais…

Les associations du champ du handicap se félicitent de cette avancée historique, 74 personnes sur 100 au Cncph (Conseil national consultatif des personnes handicapées) ayant signé ce projet de texte, même si l’Unapei déplore « comme à bien d’autres occasions, l’urgence de la saisine du Conseil ». Pourtant, ce « nouveau droit ne peut cacher de fortes déceptions », explique le Collectif handicaps qui réunit une cinquantaine d’entre elles. En premier lieu, le fait que cette prestation soit un forfait égal pour tous et ne réponde pas aux besoins de manière individuelle ; la commission du Cncph n’avait d’ailleurs donné un « avis favorable » qu’à cette condition. « En 2021, quelle que soit la situation, tout le monde est logé à la même enseigne. Et pour ceux qui ont besoin de plus, voire de beaucoup plus, ce qui est souvent le cas dans notre association, ils se débrouillent », déplore Malika Boubekeur, conseillère nationale compensation d’APF France handicap. Les sommes allouées correspondent à 1 heure par jour, en moyenne, entre 0 et 3 ans et 30 minutes entre 3 et 7 ans. Et ce quel que soit le nombre d’enfants. Donc pour un, deux, trois ou quatre, c’est un seul forfait, calqué sur l’âge du plus jeune. « Trop peu », pour le Collectif handicaps pour qui l’individualisation de cette prestation « doit rester la règle ». Et de citer l’exemple du département d’Ille-et-Vilaine qui accorde, dans le cadre d’un dispositif extra-légal, 5 heures par jour d’aide humaine au titre de la parentalité jusqu’aux 3 ans de l’enfant puis 2 heures par jour jusqu’à ses 7 ans.

Un forfait pour parer à l’urgence

Le gouvernement répond avoir opté pour un forfait pour permettre une mise en place rapide en simplifiant les démarches des Maisons départementales des personnes handicapées, a fortiori en temps de Covid, ce que confirme Dominique Lagrange, président de l’Association des directeurs de MDPH. Il dit avoir « bien conscience qu’une réponse individualisée nécessite une évaluation qui prend du temps », d’autant que, même avec le système forfaitaire, le « SI (système d’information) risque de ne pas être opérationnel avant plusieurs semaines pour ne pas dire mois… Il va donc falloir trouver un dispositif qui permet d’apporter une réponse aux personnes dans les meilleurs délais ». Ce forfait ne serait donc que « transitoire », le gouvernement promettant de mettre en place un groupe de travail pour assurer le suivi de ce dispositif en 2021 et de revoir, éventuellement, sa copie en 2022 afin d’évoluer vers une attribution individualisée. Cette promesse ne rassure pas Malika Boubekeur : « Le transitoire qui dure, on l’a connu avec les fonds de compensation. On nous avait dit la main sur le cœur en 2006, c’est du transitoire…. Quinze ans après, les décrets ne sont toujours pas parus ».

D’autres points de discorde

Le Collectif handicaps regrette également que cette PCH parentalité ne soit accessible qu’aux personnes percevant déjà le volet aide humaine de la PCH, excluant, de fait, celles en situation de handicap, notamment psychique ou mental, qui restent majoritairement peu ou non éligibles. Selon Autisme France, « les parents autistes en sont exclus, alors même que les travaux sur les critères d’éligibilité de la PCH à ces publics sont largement en panne ». Les conclusions de la mission confiée au Docteur Leguay à ce sujet sont néanmoins attendues au premier trimestre 2021.

Autre point de discorde, le fait que cette aide cesse aux sept ans de l’enfant. « Après, débrouillez-vous !, raille Malika Boubekeur. Nous ne voulions pas de limite d’âge et celle-ci est trop basse… » Même son de cloche du côté de l’Unapei, qui juge que « la parentalité nécessite, pour certaines familles, un accompagnement au long cours, souple, qui ne cesse pas brutalement à l’âge de 7 ans ».

Enfin, le financement de la PCH parentalité se fera en 2021 par une avance des départements, « ce qui laisse peser certains doutes sur l’effectivité du droit dans l’ensemble d’entre eux », s’inquiète le Collectif handicaps.

Trophées H’up 2020 : 6 « handipreneurs » en or!

(j’ai pris cet article sur le site handicap.fr)


Ils étaient 270 au départ, six ont franchi la ligne d’arrivée. Le 17 décembre 2020, une demi-douzaine d’entrepreneurs en situation de handicap a ramené un Trophée H’up « à la maison ». Cette 3e édition, initialement prévue le 9 novembre 2020 puis reportée en raison du confinement, s’est déroulée en distanciel, au sein du théâtre de l’antenne, à Paris. Un évènement bousculé mais plus que jamais motivé à « favoriser la relance d’une économie inclusive ».

2020, année « à mobilité réduite »

« 2020 était un peu une année à mobilité réduite », ironise Frédéric Mazzella, président fondateur de Blablacar, parrain de l’évènement. Le mot d’ordre ? « Show must go on ! » « Dans les mois à venir, si le corps médical soignera la population, ce sont les entrepreneurs qui soigneront l’économie », estime Didier Roche, président de H’up, « ravi » de savoir que 75 000 sont en situation de handicap. Cet entrepreneur aveugle aux 1001 projets en profite pour dévoiler son « petit dernier » : « Créer un concurrent à Blablacar, ‘Blind-blind-car’ » (en français, aveugle). « Blagounette » faite, la cérémonie est officiellement lancée ! Présentation du palmarès 2020 dans 3,2,1…

Une passation émouvante

Les six lauréats remportent un parcours d’incubation de 6 mois. L’occasion d’annoncer la passation de pouvoir entre présidents. Didier Roche, qui présidait aux destinées d’H’up depuis 2008, confie le flambeau à Hamou Bouakkaz. « Je ne suis pas malade, rassurez-vous. Mais nous sommes à un moment où il faut savoir passer la main pour voguer vers d’autres aventures, toujours au service de l’inclusion. H’up, c’est mon bébé et j’ai compris que, quand on faisait un enfant, on le faisait aussi pour les autres », explique Didier Roche, la voix chevrotante. Il se réjouit de « 12 ans de bonheur, d’amour et de folies ». Reste un dernier trophée à décerner, un « coup de chapeau » à celui qui s’en va… « La douleur a marqué mon existence mais, quelle qu’elle soit, il faut l’accepter avec le sourire, au risque de s’enfoncer et de ne jamais en sortir », avant de conclure, les yeux embués : « Comme disait Saint-Exupéry : ‘L’avenir, il ne s’agit pas de le prévoir, mais de le rendre possible’ ». Hamou reprend la main sur le ton d’un chef conquérant : « Dans cette guerre économique, nous mettrons cette soif de victoire au service du redressement et de la lutte contre le défaitisme ». La relève est assurée…

Entrepreneur de l’année : Anthony Martins Misse – TRG France

A 7 ans, il fait une grave hémorragie interne. Ce jour-là, il « perd la vue mais gagne la vie ». Si cet ancien judoka paralympique a su démontrer ses atouts sportifs, son sens des affaires est tout aussi aiguisé. Ancien DJ, formé à la physique acoustique, il monte sa première boîte au cours de ses études et réalise des prestations pour la TV et la radio. S’ensuivent la création et la reprise de quatorze entreprises… Aujourd’hui, il codirige TRG (The retailers group) France, une société de conseils en affaires et gestion. « Le handicap permet une nouvelle vision de l’entrepreneuriat », affirme ce chef d’entreprise déficient visuel. La qualité essentielle d’un bon entrepreneur, selon lui ? La résilience.

Créateur en herbe : Florian Legendre – Vein’art

Florian, alias Floteuil, est une PMR , « une personne merveilleusement rayonnante » qui propose des services de customisation « street art » des dispositifs médicaux. Sa conviction : faire en sorte que ces derniers deviennent « des supports d’expression artistique et puissent refléter pleinement votre singularité car vous êtes unique » et ainsi améliorer la vision « rébarbative, froide » qu’ils peuvent susciter. Son handicap ? « Une opportunité d’appréhender la vie différemment ! » Petit « veinard » ?

Créateur : Charlotte Alaux – Omni

« Ma paraplégie ne m’a pas empêchée de faire tout ce que j’avais envie de faire ! » En fauteuil roulant depuis l’âge de 6 ans, Charlotte rêve de faire des balades à vélo… Bien décidée à appliquer les conseils de Didier Roche, co-fondateur des Trophées H’up, et d’Antoine de Saint-Exupéry, écrivain, -« Fais de ta vie un rêve et d’un rêve une réalité »-, elle lance Omni en 2019. Sa solution de fixation permet d’utiliser n’importe quelle trottinette électrique en « carrosse » roulant. N’en déplaise à Cendrillon…

Expérimenté : Souad Yamani – SY Assurance

Paraplégique depuis 25 ans à la suite d’un accident, elle déploie une prestation de courtage en assurance et prévoyance santé inclusive avec son entreprise Sy Assurance. Cette dernière propose notamment des services dédiés aux personnes utilisant des fauteuils roulants ou scooters électriques, ainsi qu’une complémentaire santé sans discrimination liée à l’état de santé. Ces trophées ? « Une évidence ! »

Entrepreneur à l’international : Juan Martinez Nunez – Reforcer

Cet entrepreneur espagnol travaillait dans les secteurs de l’infrastructure, de l’énergie et de l’environnement lorsque, en 2018, on lui découvre « une tumeur de la taille d’une balle de golf dans le cerveau ». « J’ai été sauvé grâce à trois longues opérations neurochirurgicales mais ma vie a changé. Je suis devenu handicapé », explique-t-il. Son premier défi, réapprendre à marcher, le deuxième, réapprendre à skier. Le troisième ? Créer Reforcer (renforcer, en français), une ligne de vêtements de ski haut-de-gamme porteuse de messages inspirants. Le quatrième : remporter un trophée H’up ! Quel sera le prochain ?

Prix du public : Romain Claudet – Tout le monde en bois

Le public s’est également prêté au jeu, via 3 300 votes en ligne, et a jeté son dévolu sur… Romain Claudet avec Tout le monde en bois. « Aucun entrepreneur ‘valide’ ne voulait me donner ma chance, alors j’ai créé mon entreprise. » Et pas n’importe laquelle… Une entreprise adaptée qui produit des buchettes allume-feu et réchauffe le cœur de ses employés en situation de handicap. 

Paris : Transports gratuits ou demi-tarif pour l'accompagnateur d'un voyageur handicapé sur le réseau Ile-de-France Mobilités

Paris : Transports gratuits ou demi-tarif pour l’accompagnateur d’un voyageur handicapé sur le réseau Ile-de-France Mobilités

(j’ai pris cet article sur le site 20minutes.fr)

Des transports franciliens plus accessibles. Ile-de-France Mobilités va voter le 9 décembre une mesure améliorant les conditions de transport des personnes à mobilité réduite. Désormais le voyage de leurs accompagnateurs sera gratuit ou à demi-tarif. Une harmonisation des tarifs pour les voyageurs handicapés va également être mise en place sur son réseau de bus, métro, train, tram. Selon Ile-de-France Mobilités, « le nombre de bénéficiaires de ces mesures est estimé à 20.000 pour les accompagnateurs et entre 150.000 et 200.000 pour les détenteurs d’une carte de mobilité inclusion​ pour l’Ile-de-France ».

Jusqu’à présent les titulaires d’une carte ONAC (délivrée par l’Office national des anciens combattants et des victimes de guerre) et les Franciliens porteurs d’une carte d’invalidité avec mention Cécité bénéficiaient selon les cas de réductions sur les tickets et billets ou de la gratuité pour eux-mêmes voire pour leur accompagnateur.

Des conditions identiques pour les voyageurs non-franciliens

Ile-de-France Mobilités a fait le choix de simplifier son offre et d’étendre son dispositif aux visiteurs de passage. Désormais, « les accompagnateurs des titulaires d’une carte mobilité inclusion bénéficient d’une réduction de 50 % sur les produits tarifaires payés au voyage sur l’ensemble du réseau », indique IDFM à 20 Minutes. L’ensemble du réseau est gratuit pour les accompagnateurs des titulaires d’une carte mobilité inclusion avec la mention « Invalidité » et la sur-mention « Besoin d’accompagnement ».

Pour les voyageurs non-franciliens et leurs accompagnateurs, bénéficiant d’une carte délivrée par l’ONAC, une carte d’invalidité ou une carte mobilité inclusion portant la mention « Cécité », Ile-de-France Mobilités leur donne un accès au réseau « aux mêmes tarifs que les voyageurs franciliens ».

Lpliz, application d'entraide dédiée aux personnes fragiles

Lpliz, application d’entraide dédiée aux personnes fragiles

(j’ai pris cet article sur le site handicap.fr)


« J’ai besoin d’aide » et « Je veux aider ». Il suffit de contribuer en appuyant sur la bonne case. Lpliz® est l’application qui permet à des personnes fragiles ou handicapées de se signaler et de demander de l’aide lorsqu’une situation devient difficile dans leur vie quotidienne. Elles peuvent ainsi se sentir plus en confiance et en sécurité, ce qui encourage leur autonomie dans leurs activités sociales. En parallèle, Lplizrassure les familles car elles savent qu’en cas de besoin leur proche recevra un soutien rapide, discret et non stigmatisant. Attention, il n’existe pas de distinction entre un profil « Aidant » et « Aidé », et une personne handicapée peut tout à fait proposer son aide dans certaines circonstances. Cet outil revendique ainsi l’attention, réciproque, aux autres, permettant de faire preuve de bienveillance, via des petites actions. Son credo : « Il y a toujours quelqu’un pour vous tendre la main ».

Un véritable outil d’inclusion

Lpliz s’adresse également aux « Lplizhomes », ces lieux de vie qui accordent une attention particulière aux personnes fragiles. Ce sont par exemple des restaurants, des structures sportives ou touristiques, des collectivités qui mènent une réelle démarche d’accueil. Véritables partenaires, ils affichent, en s’identifiant sur la carte, une volonté très marquée d’accueillir les membres de la communauté en cas de besoin, en leur apportant toute l’aide nécessaire. Lplizers et Lplizhomes adhèrent ainsi à une même éthique de bonne conduite garantissant le respect de trois valeurs : bienveillance, entraide et sécurité. Plus qu’une appli de géolocalisation, Lpliz est donc un véritable outil d’inclusion. Cette communauté compte à ce jour 6 000 membres ; 4 300 personnes et près de 100 Lplizhomes l’ont téléchargée.

Comment ça marche ?

Son fonctionnement est simple : l’utilisateur définit, pour chacune de ses activités, son degré d’autonomie et décrit le type de soutien dont il a besoin pour être 100 % autonome. Au démarrage de l’activité, l’application envoie une notification pour prévenir qu’un Lplizer peut, potentiellement, avoir besoin d’aide. Il n’y a pas de messagerie dans l’application ; le but : préserver la sécurité et la tranquillité des  membres de la communauté. La géolocalisation ne révèle en aucun cas l’identité ni le lieu de résidence de personnes, cibles potentielles, parfois fragiles, pour éviter tout risque d’intrusion dans leur vie privée. Enfin, un Bouton SOS permet à ces derniers d’alerter Lplizers, aidants naturels, professionnels ou services de secours.

Une évaluation communautaire

Les Lplizers sont évalués par l’ensemble des membres à l’issue de chaque action en se voyant attribuer des « étoiles ». Ils peuvent ensuite mesurer leur bienveillance en se formant directement dans l’application sur les comportements à adopter face à une personne en situation de handicap. Cette deuxième méthode d’évaluation (outil Mtool4care®) par le « learning » contribue ainsi à consolider l’indice de confiance du Lplizer. 

L’application est gratuite, disponible pour Apple et Android.

La PCH n’est plus prise en compte dans le calcul du RSA

(j’ai pris cet article sur le site handicap.fr)


Bonne nouvelle pour certaines personnes en situation de handicap suite à la parution du décret n° 2020-1343 du 4 novembre 2020 (publié au Journal officiel, il entre en vigueur le 6 novembre). Il supprime en effet la prise en compte de certaines prestations dans le calcul du Revenu de solidarité active (RSA).

Quelles prestations concernées ?

Cela concerne :

– la Prestation de compensation du handicap (PCH) pour l’ensemble de ses éléments (y compris pour les charges apportées par les aidants familiaux) ;
– la somme perçue au titre du dédommagement par l’aidant familial dans le cadre de la PCH ;
– l’Allocation journalière du proche aidant (AJPA).

Rappelons que le RSA est destiné à garantir des moyens convenables d’existence. Pour l’attribution de cette prestation sociale, l’ensemble des ressources des personnes composant le foyer (salaires, indemnités journalières, pensions alimentaires, allocations chômage…) est retenue. Mais les prestations énoncées ci-dessus sont donc désormais exclues de cette assiette.

Une situation confuse

Cette mesure devrait mettre un terme à une situation particulièrement complexe dénoncée depuis des années par les familles. En effet, la PCH aidant familial n’a pas lieu d’être intégrée dans les ressources qui servent à calculer le RSA lorsqu’elle est versée à l’aidant d’un enfant de moins de 20 ans. Cette subtilité entre PCH enfant et adulte, méconnue par certaines Caf (Caisses d’allocations familiales), a généré de nombreuses confusions. Le nouveau décret du 6 novembre supprime donc cette barrière. La PCH n’est plus à déclarer quel que soit l’âge, et son montant n’impactera donc plus le RSA à la baisse.

Et pour la prime d’activité ?

Par ailleurs, ce même décret supprime la prise en compte du dédommagement de l’aidant familial et de l’AJPA dans les revenus qui permettent de calculer la prime d’activité. Attention, dans ce cas précis, la PCH pour l’ensemble de ses éléments continue d’entrer dans l’assiette des revenus professionnels ou assimilés. Certaines familles semblent avoir contacté leur Caf qui dit ne pas être au courant de ce nouveau décret, précise le Collectif handi-actif qui s’est mobilisé sur le sujet. « Cela peut prendre encore quelques jours avant qu’elles ne soient informées. »

Le Comité interministériel du handicap le 16 novembre

(j’ai pris cet article sur le site handicap.fr)

Le CIH (Comité interministériel du handicap) devait avoir lieu le 29 octobre 2020 mais, reprise de la crise de la Covid oblige, il avait été annulé la veille par Jean Castex. Sophie Cluzel, secrétaire d’Etat au Handicap, lors d’une conférence de presse sur l’impact de la pandémie sur les personnes handicapées le 6 novembre 2020, annonce qu’une nouvelle date a été fixée. Ce sera le 16 novembre au matin, juste avant la conférence inaugurale de la SEEPH (Semaine européenne pour l’emploi des personnes handicapées) qui débutera à 14h30 en présence de plusieurs ministres, dont Elisabeth Borne (travail) et Bruno Lemaire (économie). Ce CIH aura certainement lieu en visio. 

Un comité élargi

Ce Comité interministériel du handicap doit réunir, autour du Premier ministre, les ministres concernés par la question du handicap. Il avait été promis par Jean Castex dès sa prise de fonction. Le dernier CIH, à l’époque sous l’égide d’Edouard Philippe, date du 3 décembre 2019 et avait été suivi de la Conférence nationale du handicap du 11 février 2020. Objectif de ce nouveau rendez-vous ? Faire le point sur l’état d’avancement de la mise en œuvre des mesures déjà annoncées et préciser, pour la fin du quinquennat, la feuille de route sur la « société inclusive » dont le gouvernement affirme faire l’une de ses priorités. Contrairement aux éditions précédentes, ce comité, dans une version « élargie », va réunir également les hauts-fonctionnaires en charge du handicap et de l’inclusion ainsi que des représentants du Comité national consultatif des personnes handicapées (CNCPH) et associatifs. « Cette réunion témoigne de la volonté de Jean Castex d’échanger avec les associations représentant les personnes handicapées », s’est réjouit dans un tweet le Collectif handicaps qui regroupe 48 d’entre elles. 

5e branche, la belle opportunité

Ayant, cette fois, droit au chapitre, deux associations se fendent d’un communiqué pour proposer leur propre cap, dans un contexte très spécifique à plusieurs égards. APF France handicap rappelle ainsi que la crise sanitaire actuelle est révélatrice de « réalités très critiques et d’inégalités vécues par les personnes en situation de handicap et leur famille », ajoutant qu’il est « urgent d’agir ». C’est, par ailleurs, en ce moment qu’est discuté à l’Assemblée nationale le Projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2021, avec une grande nouveauté, la création d’une 5e branche dédiée à l’autonomie des personnes âgées et handicapées. Une belle « opportunité » dont l’Anphim (asso de personnes avec un handicap moteur) aimerait que le gouvernement se saisisse tandis qu’APF France handicap espère « l’adoption d’une grande loi autonomie avec la création de la prestation universelle autonomie, sans barrière d’âge ».

Mesures « positives mais accessoires »

Selon l’Anphim, des « mesures positives » ont été prises par ce gouvernement, l’APF parlant même de « politique ambitieuse ». Quelques exemples : un plan de formation bénévolat dans la perspective des Jeux de Paris 2024, l’élargissement de l’aide au repos pour les aidants, la numérisation d’un certain nombre de réponses administratives pour en faciliter l’accès, la délivrance à vie de la Reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH) en cas de handicap irréversible, ou du droit à vie à la Prestation de compensation du handicap (PCH) pour les bénéficiaires dont le handicap n’est pas susceptible d’évoluer favorablement… Mais, selon l’Anphim, elles restent « accessoires » par rapport à d’autres questions jugées plus « fondamentales », APF ajoutant que « le ressenti des personnes est plutôt une dégradation de leurs conditions de vie ». C’est notamment la loi ELAN sur le logement qui est au cœur de la discorde puisqu’elle a réduit l’obligation d’accessibilité de 100 % de logements dans un immeuble neuf d’habitation collective à 20 %. D’une même voix, de nombreuses associations réclament l’abrogation de l’article concerné. 

Question de ressources

APF cite également, parmi ses priorités, la suppression de la prise en compte des ressources du conjoint dans le calcul de l’AAH (Allocation adulte handicapé) ; l’Assemblée nationale ayant déjà adopté cette proposition de loi en février 2020, l’association demande qu’elle soit inscrite à l’agenda du Sénat pour un examen dans les plus brefs délais. Elle réclame, par ailleurs, la revalorisation de l’AAH sur le taux de l’inflation pour 2021 et la révision du plafond du couple qui a été abaissé deux fois. L’Anpihm va plus loin en réclamant un « revenu de remplacement » porté au niveau du SMIC, lui aussi désolidarisé des revenus du conjoint. Le gouvernement a également annoncé qu’aucune demande d’AAH ne devrait être traitée en plus de trois mois à partir du 1er janvier 2021, sur tout le territoire (engagement n°12 dit « garantie délai »). « Quand cette mesure sera-t-elle effective ? », questionne l’association.

D’autres mesures réclamées

D’autres mesures sont énoncées, couvrant tous les domaines : respect des calendriers des Ad’AP pour une meilleure accessibilité de la cité, plan contre la fracture numérique, respect du droit à un accompagnement individualisé des élèves en situation de handicap, amélioration de la couverture des besoins en aides techniques, hausse du taux horaire de la PCH gelé depuis trois ans, numéro unique d’appel pour rompre l’isolement des aidants ou encore création de services d’accompagnement à la vie sexuelle. La liste est longue, très longue, comme un inventaire à la Prévert, qui manquerait pourtant de poésie face, parfois, à de si grandes détresses. Des annonces sont promises le 16 novembre prochain. Pas sûr qu’elles suffisent à combler toutes les attentes…