Vaccination en MAS et FAM : comment ça va se passer?

(j’ai pris cet article sur le site handicap.fr)
• Qui est concerné ? Les 60 000 personnes en situation de handicap accueillies en établissements médico-sociaux médicalisés de type FAM (Foyer d’accueil médicalisé) et MAS (Maison d’accueil spécialisée), quels que soient leur handicap et leur âge, même si elles n’ont pas atteint 75 ans. Cela concerne également les professionnels de plus de 50 ans, ou de moins de 50 ans ayant des comorbidités, qui les accompagnent.

• Pourquoi ? Ce public ne faisait pas partie de la phase 1 de vaccination prévue à l’origine par la Haute autorité de santé (HAS) mais, le 7 janvier 2021, Jean Castex a annoncé qu’il pourrait être vacciné en priorité au même titre que les personnes âgées accueillies en Ehpad car, nécessitant des soins constants, il est jugé plus vulnérable.

• Quand ? La vaccination des personnes en situation de handicap âgées, résidant en Ehpad, a été lancée officiellement le 11 janvier par Sophie Cluzel, secrétaire d’Etat au Handicap. La campagne de vaccination en MAS et FAM doit démarrer entre le 18 et le 31 janvier 2021 et s’étaler durant tout le mois de février.

• Quel consentement ? Depuis mi-décembre, il est recueilli dans les établissements concernés, avec un « gros travail de pédagogie », selon Sophie Cluzel qui, donnant priorité à « l’auto-détermination », dit « avoir rencontré des résidents très au fait » qui donnent un « consentement très éclairé ».

• Un document en FALC ? En facile à lire et à comprendre, illustré de pictogrammes et dessins et facilitant la compréhension du processus de vaccination, il est diffusé en ligne sur le site handicap.gouv.fr (lien direct ci-dessous) et auprès des organismes gestionnaires.

• Pour les personnes sous curatelle et tutelle ? En cas de curatelle, la personne reste seule décisionnaire sans que son mandataire ne puisse se substituer à elle. En cas de tutelle ou habilitation familiale, cela dépend. Si la personne protégée en est capable, elle conserve son droit de décision sur les questions de santé. Dans le cas contraire, c’est le proche chargé de sa protection, habilité par le juge, qui pourra faire ce choix.

• Si je change d’avis ? Cette démarche est volontaire et toute personne peut changer d’avis jusqu’au dernier moment. En cas de désistement et pour limiter au maximum tout gâchis, la dose peut être réattribuée à un autre résident ou membre du personnel qui aurait donné son consentement entre temps. Si la personne souhaite à nouveau se faire vacciner, elle pourra l’être lors de la séquence de vaccination prévue au sein de son établissement pour la réalisation de la deuxième injection (le vaccin doit en effet être injecté en deux doses).

• Si j’ai peur ? Pour les personnes pouvant redouter la « piqûre », il est recommandé de leur permettre d’assister à la vaccination d’un autre résident afin de dédramatiser la situation ou d’encourager la présence d’un tiers « rassurant » le moment venu.

 Si je refuse ? La vaccination n’est en aucun cas obligatoire et ce choix doit être respecté par les établissements. Si la grande majorité a été vaccinée, l’ensemble des résidents sera mieux protégé. Certaines familles redoutent une mise à l’écart de la collectivité de leur proche non vacciné ; le secrétariat d’Etat au Handicap répond qu’aucune pression ne peut être exercée de la part des directions, admettant néanmoins « qu’il faut être vigilant si une personne fragile n’a pas été vaccinée ». En cas d’abus de pouvoir, il invite à « dialoguer au sein du conseil de la vie sociale ».

• Quelles contre-indications ? Pour le moment, le vaccin Pfizer est déconseillé aux personnes qui ont eu un épisode Covid de moins de trois mois ou ceux souffrant d’allergies graves (risque anaphylactique). C’est au médecin que revient la décision de prescrire ou non le le vaccin lors de la consultation pré-vaccinale. Le secrétariat d’Etat au Handicap assure que « d’autres vaccins sont en attente, fin janvier ou février, comme le Moderna ou l’Astrazeneca, avec des risques allergiques plus limités ».

• Quel délai ? Après avoir réalisé les consultations pré-vaccinales d’information, les équipes doivent établir la liste des résidents ayant donné leur consentement. Elle est renvoyée cinq jours auparavant pour permettre la commande et le traitement logistique. Toutes les doses doivent être écoulées le jour J (5 par flacons, voire 6), l’objectif étant d’éviter au maximum les pertes.

• Qui fournit les doses ? Il existe deux flux.
– A : les pharmacies de ville qui ont déjà été rodées à ce type de logistique lors de l’approvisionnement en masques et sont chargées de l’approvisionnement des Ehpad en vaccins. 
– B : les 100 centres hospitaliers, qui disposent d’un congélateur à -80 degrés nécessaire à la conservation du vaccin Pfizer, pour tous les établissements publics qui y sont rattachés. 

• A quel endroit ? Il existe quatre options pour procéder à cette vaccination, sachant qu’un personnel soignant doit être présent le jour J :
1. Au sein des établissements médico-sociaux qui disposent d’une équipe médicale. 
2. Un renfort de personnel soignant est possible suite à l’annonce du 7 janvier 2021 d’octroyer un forfait aux médecins et infirmiers libéraux qui souhaitent prêter main-forte à ces établissements (article en lien ci-dessous). 
3. Au sein des centres de vaccination qui sont en train d’ouvrir dans chaque département.
4. Via des équipes mobiles qui vont être déployées sur tout le territoire.

 A quel prix ? Entièrement prise en charge par les pouvoir publics, la vaccination est gratuite pour le résident comme pour les établissements.

• Les structures sont-elles prêtes ? Le secrétariat d’Etat organise des conférences régulières avec les organismes gestionnaires, assurant qu’ils sont « préparés ». Les FAM et MAS doivent avoir un frigo dédié et un thermomètre adapté.

• Et après ? Les personnes vaccinées doivent continuer à porter un masque et à appliquer les gestes barrière car on ne sait pas encore si le vaccin empêche la transmission de la Covid-19.

• En cas de problème ? Un « suivi des événements indésirables » liés à la vaccination anti-Covid est effectué en ligne sur le site ameli.fr. Tout médecin est invité à déclarer les effets secondaires observés, par exemple maux de tête, courbatures, fièvre, réaction épidermique… 

• Esat et IME sont-ils concernés ? Non, dans le cadre de cette phase 1, ni les uns ni les autres.
– Les IEM (instituts d’éducation motrice) et IME (instituts médico-éducatifs) au motif que la Haute autorité de santé (HAS) ne recommande pas la vaccination des enfants et plus jeunes.
– Les Esat (établissements et services par le travail) car leurs travailleurs, souvent jeunes, ne sont pas considérés comme personnes vulnérables et que les principes de précaution sanitaire, notamment les gestes barrière très stricts, mis en œuvre dès le premier confinement, suffisent à limiter les risques de contamination. Pour le moment, le calendrier vaccinal ne prévoit pas la vaccination des personnes accueillies dans d’autres établissements que les MAS et FAM avant mars ou début avril. Sous réserve d’évolution de la crise…

• Les personnes malades ou handicapées à domicile ? Elles ne sont pas concernées par cette phase 1, au grand dam de certaines associations qui réclament des mesures d’urgence pour certains publics jugés particulièrement vulnérables. Mais, le 14 janvier, Jean Castex annonce l’ouverture de la vaccination aux Français présentant des pathologies à très haut risque d’hospitalisation ou de décès, à partir du 18 janvier. Il s’agit des personnes souffrant d’insuffisance rénale, celles ayant été transplantées, étant sous traitement pour un cancer ou porteuses de trisomie 21. 800 000 patients seraient concernés. 

• Et les aides à domicile ? Les aides à domicile de plus de 50 ans,  ou de moins de 50 ans et à risque de forme grave, qui le souhaitent peuvent, comme les professionnels de santé, se faire vacciner dès à présent.

PCH parentalité: 900 € par mois pour s’occuper de son enfant

(j’ai pris cet article sur le site handicap.fr)

Cette mesure était revendiquée depuis plus de 15 ans par les associations, depuis que la Prestation de compensation du handicap existe. Dès le 1er janvier 2021, la PCH parentalité est entrée en vigueur. Le décret 2020-1826 paru au Journal officiel le 31 décembre 2020 officialise ce nouveau volet. Cette aide va permettre aux personnes qui sont déjà bénéficiaires de la PCH aide humaine d’être assistés dans leur rôle de parent au quotidien, dès la naissance de leur enfant. Elle porte à la fois sur une aide humaine (par exemple langer un bébé, lui donner à manger, lui faire prendre son bain, emmener un enfant à l’école) et les aides techniques (poussette adaptée au fauteuil, salle de bain et lit…). Sa mise en œuvre concrétise l’engagement du Président de la République lors de la Conférence nationale du handicap du 11 février 2020. 17 000 parents seraient concernés selon un rapport de l’Igas (Inspection générale des affaires sociales) de 2016, peut-être davantage.

Quels montants ?

Cette nouvelle prestation va ainsi permettre de rémunérer, par exemple, un intervenant au domicile (voir modalités précises dans l’interview du secrétariat d’Etat au Handicap). Le montant est fixé à 900 euros par mois lorsque l’enfant a moins de 3 ans et à 450 euros entre 3 et 7 ans. Les familles monoparentales bénéficient d’une majoration de 50 %, soit, respectivement, 1 350 et 675 euros selon l’âge. S’y ajoutent les aides forfaitaires pour l’acquisition de matériel spécialisé de puériculture qui sont allouées automatiquement au parent bénéficiaire de la PCH lors de la naissance de son enfant, puis aux troisième et sixième anniversaires ; leur montant atteint donc 3 600 euros dans les six premières années de l’enfant. Selon Sophie Cluzel, secrétaire d’Etat au Handicap, il s’agit d’un « vrai levier pour rendre concrets et effectifs les droits des personnes en situation de handicap de fonder ou agrandir une famille». La Loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS) pour 2021 prévoit une enveloppe dédiée de 200 millions d’euros.

Avancée historique mais…

Les associations du champ du handicap se félicitent de cette avancée historique, 74 personnes sur 100 au Cncph (Conseil national consultatif des personnes handicapées) ayant signé ce projet de texte, même si l’Unapei déplore « comme à bien d’autres occasions, l’urgence de la saisine du Conseil ». Pourtant, ce « nouveau droit ne peut cacher de fortes déceptions », explique le Collectif handicaps qui réunit une cinquantaine d’entre elles. En premier lieu, le fait que cette prestation soit un forfait égal pour tous et ne réponde pas aux besoins de manière individuelle ; la commission du Cncph n’avait d’ailleurs donné un « avis favorable » qu’à cette condition. « En 2021, quelle que soit la situation, tout le monde est logé à la même enseigne. Et pour ceux qui ont besoin de plus, voire de beaucoup plus, ce qui est souvent le cas dans notre association, ils se débrouillent », déplore Malika Boubekeur, conseillère nationale compensation d’APF France handicap. Les sommes allouées correspondent à 1 heure par jour, en moyenne, entre 0 et 3 ans et 30 minutes entre 3 et 7 ans. Et ce quel que soit le nombre d’enfants. Donc pour un, deux, trois ou quatre, c’est un seul forfait, calqué sur l’âge du plus jeune. « Trop peu », pour le Collectif handicaps pour qui l’individualisation de cette prestation « doit rester la règle ». Et de citer l’exemple du département d’Ille-et-Vilaine qui accorde, dans le cadre d’un dispositif extra-légal, 5 heures par jour d’aide humaine au titre de la parentalité jusqu’aux 3 ans de l’enfant puis 2 heures par jour jusqu’à ses 7 ans.

Un forfait pour parer à l’urgence

Le gouvernement répond avoir opté pour un forfait pour permettre une mise en place rapide en simplifiant les démarches des Maisons départementales des personnes handicapées, a fortiori en temps de Covid, ce que confirme Dominique Lagrange, président de l’Association des directeurs de MDPH. Il dit avoir « bien conscience qu’une réponse individualisée nécessite une évaluation qui prend du temps », d’autant que, même avec le système forfaitaire, le « SI (système d’information) risque de ne pas être opérationnel avant plusieurs semaines pour ne pas dire mois… Il va donc falloir trouver un dispositif qui permet d’apporter une réponse aux personnes dans les meilleurs délais ». Ce forfait ne serait donc que « transitoire », le gouvernement promettant de mettre en place un groupe de travail pour assurer le suivi de ce dispositif en 2021 et de revoir, éventuellement, sa copie en 2022 afin d’évoluer vers une attribution individualisée. Cette promesse ne rassure pas Malika Boubekeur : « Le transitoire qui dure, on l’a connu avec les fonds de compensation. On nous avait dit la main sur le cœur en 2006, c’est du transitoire…. Quinze ans après, les décrets ne sont toujours pas parus ».

D’autres points de discorde

Le Collectif handicaps regrette également que cette PCH parentalité ne soit accessible qu’aux personnes percevant déjà le volet aide humaine de la PCH, excluant, de fait, celles en situation de handicap, notamment psychique ou mental, qui restent majoritairement peu ou non éligibles. Selon Autisme France, « les parents autistes en sont exclus, alors même que les travaux sur les critères d’éligibilité de la PCH à ces publics sont largement en panne ». Les conclusions de la mission confiée au Docteur Leguay à ce sujet sont néanmoins attendues au premier trimestre 2021.

Autre point de discorde, le fait que cette aide cesse aux sept ans de l’enfant. « Après, débrouillez-vous !, raille Malika Boubekeur. Nous ne voulions pas de limite d’âge et celle-ci est trop basse… » Même son de cloche du côté de l’Unapei, qui juge que « la parentalité nécessite, pour certaines familles, un accompagnement au long cours, souple, qui ne cesse pas brutalement à l’âge de 7 ans ».

Enfin, le financement de la PCH parentalité se fera en 2021 par une avance des départements, « ce qui laisse peser certains doutes sur l’effectivité du droit dans l’ensemble d’entre eux », s’inquiète le Collectif handicaps.

Trophées H’up 2020 : 6 « handipreneurs » en or!

(j’ai pris cet article sur le site handicap.fr)


Ils étaient 270 au départ, six ont franchi la ligne d’arrivée. Le 17 décembre 2020, une demi-douzaine d’entrepreneurs en situation de handicap a ramené un Trophée H’up « à la maison ». Cette 3e édition, initialement prévue le 9 novembre 2020 puis reportée en raison du confinement, s’est déroulée en distanciel, au sein du théâtre de l’antenne, à Paris. Un évènement bousculé mais plus que jamais motivé à « favoriser la relance d’une économie inclusive ».

2020, année « à mobilité réduite »

« 2020 était un peu une année à mobilité réduite », ironise Frédéric Mazzella, président fondateur de Blablacar, parrain de l’évènement. Le mot d’ordre ? « Show must go on ! » « Dans les mois à venir, si le corps médical soignera la population, ce sont les entrepreneurs qui soigneront l’économie », estime Didier Roche, président de H’up, « ravi » de savoir que 75 000 sont en situation de handicap. Cet entrepreneur aveugle aux 1001 projets en profite pour dévoiler son « petit dernier » : « Créer un concurrent à Blablacar, ‘Blind-blind-car’ » (en français, aveugle). « Blagounette » faite, la cérémonie est officiellement lancée ! Présentation du palmarès 2020 dans 3,2,1…

Une passation émouvante

Les six lauréats remportent un parcours d’incubation de 6 mois. L’occasion d’annoncer la passation de pouvoir entre présidents. Didier Roche, qui présidait aux destinées d’H’up depuis 2008, confie le flambeau à Hamou Bouakkaz. « Je ne suis pas malade, rassurez-vous. Mais nous sommes à un moment où il faut savoir passer la main pour voguer vers d’autres aventures, toujours au service de l’inclusion. H’up, c’est mon bébé et j’ai compris que, quand on faisait un enfant, on le faisait aussi pour les autres », explique Didier Roche, la voix chevrotante. Il se réjouit de « 12 ans de bonheur, d’amour et de folies ». Reste un dernier trophée à décerner, un « coup de chapeau » à celui qui s’en va… « La douleur a marqué mon existence mais, quelle qu’elle soit, il faut l’accepter avec le sourire, au risque de s’enfoncer et de ne jamais en sortir », avant de conclure, les yeux embués : « Comme disait Saint-Exupéry : ‘L’avenir, il ne s’agit pas de le prévoir, mais de le rendre possible’ ». Hamou reprend la main sur le ton d’un chef conquérant : « Dans cette guerre économique, nous mettrons cette soif de victoire au service du redressement et de la lutte contre le défaitisme ». La relève est assurée…

Entrepreneur de l’année : Anthony Martins Misse – TRG France

A 7 ans, il fait une grave hémorragie interne. Ce jour-là, il « perd la vue mais gagne la vie ». Si cet ancien judoka paralympique a su démontrer ses atouts sportifs, son sens des affaires est tout aussi aiguisé. Ancien DJ, formé à la physique acoustique, il monte sa première boîte au cours de ses études et réalise des prestations pour la TV et la radio. S’ensuivent la création et la reprise de quatorze entreprises… Aujourd’hui, il codirige TRG (The retailers group) France, une société de conseils en affaires et gestion. « Le handicap permet une nouvelle vision de l’entrepreneuriat », affirme ce chef d’entreprise déficient visuel. La qualité essentielle d’un bon entrepreneur, selon lui ? La résilience.

Créateur en herbe : Florian Legendre – Vein’art

Florian, alias Floteuil, est une PMR , « une personne merveilleusement rayonnante » qui propose des services de customisation « street art » des dispositifs médicaux. Sa conviction : faire en sorte que ces derniers deviennent « des supports d’expression artistique et puissent refléter pleinement votre singularité car vous êtes unique » et ainsi améliorer la vision « rébarbative, froide » qu’ils peuvent susciter. Son handicap ? « Une opportunité d’appréhender la vie différemment ! » Petit « veinard » ?

Créateur : Charlotte Alaux – Omni

« Ma paraplégie ne m’a pas empêchée de faire tout ce que j’avais envie de faire ! » En fauteuil roulant depuis l’âge de 6 ans, Charlotte rêve de faire des balades à vélo… Bien décidée à appliquer les conseils de Didier Roche, co-fondateur des Trophées H’up, et d’Antoine de Saint-Exupéry, écrivain, -« Fais de ta vie un rêve et d’un rêve une réalité »-, elle lance Omni en 2019. Sa solution de fixation permet d’utiliser n’importe quelle trottinette électrique en « carrosse » roulant. N’en déplaise à Cendrillon…

Expérimenté : Souad Yamani – SY Assurance

Paraplégique depuis 25 ans à la suite d’un accident, elle déploie une prestation de courtage en assurance et prévoyance santé inclusive avec son entreprise Sy Assurance. Cette dernière propose notamment des services dédiés aux personnes utilisant des fauteuils roulants ou scooters électriques, ainsi qu’une complémentaire santé sans discrimination liée à l’état de santé. Ces trophées ? « Une évidence ! »

Entrepreneur à l’international : Juan Martinez Nunez – Reforcer

Cet entrepreneur espagnol travaillait dans les secteurs de l’infrastructure, de l’énergie et de l’environnement lorsque, en 2018, on lui découvre « une tumeur de la taille d’une balle de golf dans le cerveau ». « J’ai été sauvé grâce à trois longues opérations neurochirurgicales mais ma vie a changé. Je suis devenu handicapé », explique-t-il. Son premier défi, réapprendre à marcher, le deuxième, réapprendre à skier. Le troisième ? Créer Reforcer (renforcer, en français), une ligne de vêtements de ski haut-de-gamme porteuse de messages inspirants. Le quatrième : remporter un trophée H’up ! Quel sera le prochain ?

Prix du public : Romain Claudet – Tout le monde en bois

Le public s’est également prêté au jeu, via 3 300 votes en ligne, et a jeté son dévolu sur… Romain Claudet avec Tout le monde en bois. « Aucun entrepreneur ‘valide’ ne voulait me donner ma chance, alors j’ai créé mon entreprise. » Et pas n’importe laquelle… Une entreprise adaptée qui produit des buchettes allume-feu et réchauffe le cœur de ses employés en situation de handicap. 

Paris : Transports gratuits ou demi-tarif pour l'accompagnateur d'un voyageur handicapé sur le réseau Ile-de-France Mobilités

Paris : Transports gratuits ou demi-tarif pour l’accompagnateur d’un voyageur handicapé sur le réseau Ile-de-France Mobilités

(j’ai pris cet article sur le site 20minutes.fr)

Des transports franciliens plus accessibles. Ile-de-France Mobilités va voter le 9 décembre une mesure améliorant les conditions de transport des personnes à mobilité réduite. Désormais le voyage de leurs accompagnateurs sera gratuit ou à demi-tarif. Une harmonisation des tarifs pour les voyageurs handicapés va également être mise en place sur son réseau de bus, métro, train, tram. Selon Ile-de-France Mobilités, « le nombre de bénéficiaires de ces mesures est estimé à 20.000 pour les accompagnateurs et entre 150.000 et 200.000 pour les détenteurs d’une carte de mobilité inclusion​ pour l’Ile-de-France ».

Jusqu’à présent les titulaires d’une carte ONAC (délivrée par l’Office national des anciens combattants et des victimes de guerre) et les Franciliens porteurs d’une carte d’invalidité avec mention Cécité bénéficiaient selon les cas de réductions sur les tickets et billets ou de la gratuité pour eux-mêmes voire pour leur accompagnateur.

Des conditions identiques pour les voyageurs non-franciliens

Ile-de-France Mobilités a fait le choix de simplifier son offre et d’étendre son dispositif aux visiteurs de passage. Désormais, « les accompagnateurs des titulaires d’une carte mobilité inclusion bénéficient d’une réduction de 50 % sur les produits tarifaires payés au voyage sur l’ensemble du réseau », indique IDFM à 20 Minutes. L’ensemble du réseau est gratuit pour les accompagnateurs des titulaires d’une carte mobilité inclusion avec la mention « Invalidité » et la sur-mention « Besoin d’accompagnement ».

Pour les voyageurs non-franciliens et leurs accompagnateurs, bénéficiant d’une carte délivrée par l’ONAC, une carte d’invalidité ou une carte mobilité inclusion portant la mention « Cécité », Ile-de-France Mobilités leur donne un accès au réseau « aux mêmes tarifs que les voyageurs franciliens ».

Lpliz, application d'entraide dédiée aux personnes fragiles

Lpliz, application d’entraide dédiée aux personnes fragiles

(j’ai pris cet article sur le site handicap.fr)


« J’ai besoin d’aide » et « Je veux aider ». Il suffit de contribuer en appuyant sur la bonne case. Lpliz® est l’application qui permet à des personnes fragiles ou handicapées de se signaler et de demander de l’aide lorsqu’une situation devient difficile dans leur vie quotidienne. Elles peuvent ainsi se sentir plus en confiance et en sécurité, ce qui encourage leur autonomie dans leurs activités sociales. En parallèle, Lplizrassure les familles car elles savent qu’en cas de besoin leur proche recevra un soutien rapide, discret et non stigmatisant. Attention, il n’existe pas de distinction entre un profil « Aidant » et « Aidé », et une personne handicapée peut tout à fait proposer son aide dans certaines circonstances. Cet outil revendique ainsi l’attention, réciproque, aux autres, permettant de faire preuve de bienveillance, via des petites actions. Son credo : « Il y a toujours quelqu’un pour vous tendre la main ».

Un véritable outil d’inclusion

Lpliz s’adresse également aux « Lplizhomes », ces lieux de vie qui accordent une attention particulière aux personnes fragiles. Ce sont par exemple des restaurants, des structures sportives ou touristiques, des collectivités qui mènent une réelle démarche d’accueil. Véritables partenaires, ils affichent, en s’identifiant sur la carte, une volonté très marquée d’accueillir les membres de la communauté en cas de besoin, en leur apportant toute l’aide nécessaire. Lplizers et Lplizhomes adhèrent ainsi à une même éthique de bonne conduite garantissant le respect de trois valeurs : bienveillance, entraide et sécurité. Plus qu’une appli de géolocalisation, Lpliz est donc un véritable outil d’inclusion. Cette communauté compte à ce jour 6 000 membres ; 4 300 personnes et près de 100 Lplizhomes l’ont téléchargée.

Comment ça marche ?

Son fonctionnement est simple : l’utilisateur définit, pour chacune de ses activités, son degré d’autonomie et décrit le type de soutien dont il a besoin pour être 100 % autonome. Au démarrage de l’activité, l’application envoie une notification pour prévenir qu’un Lplizer peut, potentiellement, avoir besoin d’aide. Il n’y a pas de messagerie dans l’application ; le but : préserver la sécurité et la tranquillité des  membres de la communauté. La géolocalisation ne révèle en aucun cas l’identité ni le lieu de résidence de personnes, cibles potentielles, parfois fragiles, pour éviter tout risque d’intrusion dans leur vie privée. Enfin, un Bouton SOS permet à ces derniers d’alerter Lplizers, aidants naturels, professionnels ou services de secours.

Une évaluation communautaire

Les Lplizers sont évalués par l’ensemble des membres à l’issue de chaque action en se voyant attribuer des « étoiles ». Ils peuvent ensuite mesurer leur bienveillance en se formant directement dans l’application sur les comportements à adopter face à une personne en situation de handicap. Cette deuxième méthode d’évaluation (outil Mtool4care®) par le « learning » contribue ainsi à consolider l’indice de confiance du Lplizer. 

L’application est gratuite, disponible pour Apple et Android.

La PCH n’est plus prise en compte dans le calcul du RSA

(j’ai pris cet article sur le site handicap.fr)


Bonne nouvelle pour certaines personnes en situation de handicap suite à la parution du décret n° 2020-1343 du 4 novembre 2020 (publié au Journal officiel, il entre en vigueur le 6 novembre). Il supprime en effet la prise en compte de certaines prestations dans le calcul du Revenu de solidarité active (RSA).

Quelles prestations concernées ?

Cela concerne :

– la Prestation de compensation du handicap (PCH) pour l’ensemble de ses éléments (y compris pour les charges apportées par les aidants familiaux) ;
– la somme perçue au titre du dédommagement par l’aidant familial dans le cadre de la PCH ;
– l’Allocation journalière du proche aidant (AJPA).

Rappelons que le RSA est destiné à garantir des moyens convenables d’existence. Pour l’attribution de cette prestation sociale, l’ensemble des ressources des personnes composant le foyer (salaires, indemnités journalières, pensions alimentaires, allocations chômage…) est retenue. Mais les prestations énoncées ci-dessus sont donc désormais exclues de cette assiette.

Une situation confuse

Cette mesure devrait mettre un terme à une situation particulièrement complexe dénoncée depuis des années par les familles. En effet, la PCH aidant familial n’a pas lieu d’être intégrée dans les ressources qui servent à calculer le RSA lorsqu’elle est versée à l’aidant d’un enfant de moins de 20 ans. Cette subtilité entre PCH enfant et adulte, méconnue par certaines Caf (Caisses d’allocations familiales), a généré de nombreuses confusions. Le nouveau décret du 6 novembre supprime donc cette barrière. La PCH n’est plus à déclarer quel que soit l’âge, et son montant n’impactera donc plus le RSA à la baisse.

Et pour la prime d’activité ?

Par ailleurs, ce même décret supprime la prise en compte du dédommagement de l’aidant familial et de l’AJPA dans les revenus qui permettent de calculer la prime d’activité. Attention, dans ce cas précis, la PCH pour l’ensemble de ses éléments continue d’entrer dans l’assiette des revenus professionnels ou assimilés. Certaines familles semblent avoir contacté leur Caf qui dit ne pas être au courant de ce nouveau décret, précise le Collectif handi-actif qui s’est mobilisé sur le sujet. « Cela peut prendre encore quelques jours avant qu’elles ne soient informées. »

Le Comité interministériel du handicap le 16 novembre

(j’ai pris cet article sur le site handicap.fr)

Le CIH (Comité interministériel du handicap) devait avoir lieu le 29 octobre 2020 mais, reprise de la crise de la Covid oblige, il avait été annulé la veille par Jean Castex. Sophie Cluzel, secrétaire d’Etat au Handicap, lors d’une conférence de presse sur l’impact de la pandémie sur les personnes handicapées le 6 novembre 2020, annonce qu’une nouvelle date a été fixée. Ce sera le 16 novembre au matin, juste avant la conférence inaugurale de la SEEPH (Semaine européenne pour l’emploi des personnes handicapées) qui débutera à 14h30 en présence de plusieurs ministres, dont Elisabeth Borne (travail) et Bruno Lemaire (économie). Ce CIH aura certainement lieu en visio. 

Un comité élargi

Ce Comité interministériel du handicap doit réunir, autour du Premier ministre, les ministres concernés par la question du handicap. Il avait été promis par Jean Castex dès sa prise de fonction. Le dernier CIH, à l’époque sous l’égide d’Edouard Philippe, date du 3 décembre 2019 et avait été suivi de la Conférence nationale du handicap du 11 février 2020. Objectif de ce nouveau rendez-vous ? Faire le point sur l’état d’avancement de la mise en œuvre des mesures déjà annoncées et préciser, pour la fin du quinquennat, la feuille de route sur la « société inclusive » dont le gouvernement affirme faire l’une de ses priorités. Contrairement aux éditions précédentes, ce comité, dans une version « élargie », va réunir également les hauts-fonctionnaires en charge du handicap et de l’inclusion ainsi que des représentants du Comité national consultatif des personnes handicapées (CNCPH) et associatifs. « Cette réunion témoigne de la volonté de Jean Castex d’échanger avec les associations représentant les personnes handicapées », s’est réjouit dans un tweet le Collectif handicaps qui regroupe 48 d’entre elles. 

5e branche, la belle opportunité

Ayant, cette fois, droit au chapitre, deux associations se fendent d’un communiqué pour proposer leur propre cap, dans un contexte très spécifique à plusieurs égards. APF France handicap rappelle ainsi que la crise sanitaire actuelle est révélatrice de « réalités très critiques et d’inégalités vécues par les personnes en situation de handicap et leur famille », ajoutant qu’il est « urgent d’agir ». C’est, par ailleurs, en ce moment qu’est discuté à l’Assemblée nationale le Projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2021, avec une grande nouveauté, la création d’une 5e branche dédiée à l’autonomie des personnes âgées et handicapées. Une belle « opportunité » dont l’Anphim (asso de personnes avec un handicap moteur) aimerait que le gouvernement se saisisse tandis qu’APF France handicap espère « l’adoption d’une grande loi autonomie avec la création de la prestation universelle autonomie, sans barrière d’âge ».

Mesures « positives mais accessoires »

Selon l’Anphim, des « mesures positives » ont été prises par ce gouvernement, l’APF parlant même de « politique ambitieuse ». Quelques exemples : un plan de formation bénévolat dans la perspective des Jeux de Paris 2024, l’élargissement de l’aide au repos pour les aidants, la numérisation d’un certain nombre de réponses administratives pour en faciliter l’accès, la délivrance à vie de la Reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH) en cas de handicap irréversible, ou du droit à vie à la Prestation de compensation du handicap (PCH) pour les bénéficiaires dont le handicap n’est pas susceptible d’évoluer favorablement… Mais, selon l’Anphim, elles restent « accessoires » par rapport à d’autres questions jugées plus « fondamentales », APF ajoutant que « le ressenti des personnes est plutôt une dégradation de leurs conditions de vie ». C’est notamment la loi ELAN sur le logement qui est au cœur de la discorde puisqu’elle a réduit l’obligation d’accessibilité de 100 % de logements dans un immeuble neuf d’habitation collective à 20 %. D’une même voix, de nombreuses associations réclament l’abrogation de l’article concerné. 

Question de ressources

APF cite également, parmi ses priorités, la suppression de la prise en compte des ressources du conjoint dans le calcul de l’AAH (Allocation adulte handicapé) ; l’Assemblée nationale ayant déjà adopté cette proposition de loi en février 2020, l’association demande qu’elle soit inscrite à l’agenda du Sénat pour un examen dans les plus brefs délais. Elle réclame, par ailleurs, la revalorisation de l’AAH sur le taux de l’inflation pour 2021 et la révision du plafond du couple qui a été abaissé deux fois. L’Anpihm va plus loin en réclamant un « revenu de remplacement » porté au niveau du SMIC, lui aussi désolidarisé des revenus du conjoint. Le gouvernement a également annoncé qu’aucune demande d’AAH ne devrait être traitée en plus de trois mois à partir du 1er janvier 2021, sur tout le territoire (engagement n°12 dit « garantie délai »). « Quand cette mesure sera-t-elle effective ? », questionne l’association.

D’autres mesures réclamées

D’autres mesures sont énoncées, couvrant tous les domaines : respect des calendriers des Ad’AP pour une meilleure accessibilité de la cité, plan contre la fracture numérique, respect du droit à un accompagnement individualisé des élèves en situation de handicap, amélioration de la couverture des besoins en aides techniques, hausse du taux horaire de la PCH gelé depuis trois ans, numéro unique d’appel pour rompre l’isolement des aidants ou encore création de services d’accompagnement à la vie sexuelle. La liste est longue, très longue, comme un inventaire à la Prévert, qui manquerait pourtant de poésie face, parfois, à de si grandes détresses. Des annonces sont promises le 16 novembre prochain. Pas sûr qu’elles suffisent à combler toutes les attentes…

Reconfinement : les nouvelles mesures en cas de handicap

(j’ai pris cet article sur le site handicap.fr)

Reconfinement pour 67 millions de Français. La mesure est radicale mais justifiée par le gouvernement pour « protéger nos concitoyens les plus fragiles et éviter une saturation des capacités de réanimation ». Dans ce contexte, il dit vouloir « mobiliser collectivement pour protéger les personnes en situation de handicap, leurs familles et aidants mais aussi leur garantir la continuité de l’accueil et des soins » et soutenir ceux qui gravitent autour d’eux (soignants, aides à domicile, associations…). Quelles sont, dès lors, les mesures mises en place ? Réponses du secrétariat d’Etat au Handicap le 30 octobre 2020. Mais certaines interrogations demeurent de la part des associations qui ont rencontré Sophie Cluzel la veille (en italique dans le paragraphe ci-dessous). 

• ESMS ouverts. L’ensemble des établissements et services médico-sociaux (ESMS) pour enfants et adultes, ainsi que les accueils de jour et les plateformes de répit resteront ouverts (article en lien ci-dessous), au même titre que les crèches, écoles, collèges et lycées. Les règles sanitaires seront renforcées avec un protocole qui sera communiqué prochainement. 
« Quelle anticipation avec les ARS (agences régionales de santé) en cas de fermeture d’établissement en raison de cluster ou d’un nombre trop important de professionnels en arrêt maladie ? La mutualisation de l’encadrement sur les territoires est-elle envisagée ? » 
• Visites autorisées. Le droit des visites dans les ESMS est maintenu mais doit être encadré et sur rendez-vous. De même, les personnes hébergées en structures auront la possibilité de rentrer chez elles le week-end, si aucun cas de Covid-19 avéré n’est présent dans l’établissement ou la famille. 
« Quid de l’accompagnement des familles qui feraient le choix de garder leur enfant à domicile par précaution ? » Réponse du secrétariat d’Etat : « Les établissements restant ouverts, c’est un dialogue à avoir entre le directeur d’établissement et la famille ».
• Enseignement supérieur en ligne. Les facultés et établissements d’enseignement supérieur assureront, quant à eux, des cours en ligne, ainsi que tous les organismes de formation professionnelle, y compris les centres de réadaptation professionnelle (CRP). Mais le ministère du Travail précise tout de même que « les organismes de formation et les CFA peuvent également continuer d’accueillir les stagiaires pour les besoins de la formation professionnelle lorsqu’elle ne peut être effectuée à distance ». L’accueil en présentiel pourra être justifié en raison de la nature de l’activité (par exemple des formations à un geste professionnel et/ou nécessitant l’utilisation d’un plateau technique) ou des publics accueillis (notamment les personnes qui ont besoin d’un encadrement pédagogique en présentiel ou qui sont confrontées à des risques de fracture numérique).
• MDPH ouvertes. Pour éviter toute situation de rupture de droits, les Maisons départementales des personnes handicapées (MDPH) restent ouvertes avec un accueil physique qui sera adapté à la situation sanitaire de chaque territoire. Les règles de fonctionnement des commissions des droits et de l’autonomie des personnes handicapées (CDAPH) seront par ailleurs simplifiées afin d’assurer une continuité de service auprès des personnes et des familles. 
• Pro du médico-social à pied d’oeuvre. L’activité des professionnels du secteur médico-social, qu’elle s’exerce en libéral ou dans les structures, est maintenue. La continuité s’impose également en termes d’accompagnement éducatif et rééducatif. 
• Centres 15 sensibilisés. Les personnes handicapées doivent bénéficier des mêmes soins que l’ensemble de la population. Le handicap ne peut être un critère de refus de soin, qu’il s’agisse d’hospitalisation ou de réanimation. Afin de faciliter l’accès aux soins, les Centres 15 seront sensibilisés pour la prise en charge particulière de certains types de handicap et les médecins régulateurs spécialistes du handicap activés. Les fiches-réflexe élaborées avec les associations de personnes seront transmises. La présence d’un aidant aux côtés des personnes pour les accompagner dans leurs soins sera possible, à titre exceptionnel, et dans les strictes conditions de sécurité fixées par l’établissement de santé. 
• Télétravail à privilégier. Pour les travailleurs en situation de handicap, le télétravail est à privilégier, lorsque c’est possible. Les mesures exceptionnelles prises par l’Agefiph (Fonds pour l’emploi dans le privé) pour protéger l’emploi des personnes pendant la crise sont prolongées jusqu’en février 2021 (article en lien ci-dessous). Outre l’octroi de financement pour la fourniture de masques inclusifs pour les salariés handicapés et leurs collègues (article en lien ci-dessous), des aides sont disponibles pour l’adaptation des équipements nécessaires au travail à domicile. Le détail de ces aides est disponible ici : https://www.agefiph.fr/actualites-handicap/covid-19-lagefiph-prolonge-ses-mesures-exceptionnelles-jusquau-28-fevrier-2021.  
« Attention à ce que ces mesures n’induisent pas l’isolement des personnes handicapées ou une pénalisation supplémentaire pour certaines, par exemple avec déficience visuelle. » 
• Esat ouverts. Les établissements et services d’aide par le travail (ESAT) ainsi que les entreprises adaptées (EA) restent ouverts, sauf s’ils sont concernés par les règles de fermeture administrative, notamment pour le secteur de la restauration.  L’activité professionnelle des personnes ne présentant pas de facteurs de risque est donc maintenue. Celles qui ne peuvent pas travailler continueront à bénéficier du chômage partiel. Les travailleurs handicapés « vulnérables » en ESAT pourront obtenir des indemnités journalières dérogatoires avec garantie de rémunération. 
« C’est le moment de penser les reconversions ou en profiter pour faire de la formation, dans ces cas les aide aux postes seraient maintenues ». 
• Dérogation de déplacement. Les déplacements, avec attestation obligatoire, sont autorisés uniquement pour travailler, se rendre à un rendez-vous médical, porter assistance à un proche, faire des courses essentielles ou prendre l’air à proximité du domicile. Des dérogations pour les déplacements des personnes en situation de handicap et leurs aidants seront toutefois prévues. Sur présentation d’un certificat médical, la dérogation pour port du masque, pour ceux qui ne sont pas en capacité de le porter, est maintenue. La sensibilisation des forces de l’ordre à ces dérogations est assurée. 
• Réunions privées interdites. Les réunions privées en dehors du strict noyau familial et les rassemblements publics sont interdits. Les déplacements d’une région à l’autre ne sont pas autorisés, à l’exception des retours de vacances de la Toussaint avec une tolérance durant ce week-end afin de permettre à tous de revenir de leur lieu de villégiature.

Une FAQ réactualisée et un N° d’appel

Pour répondre à toutes les questions, la foire aux questions (FAQ) sera mise à jour en continu sur le site Handicap.gouv (en lien ci-dessous). Pour les interrogations spécifiques des personnes et de leurs aidants qui font face à des situations compliquées, telles que des difficultés d’accès aux soins ou à des solutions de répit, ou pour toute personne isolée, un numéro unique d’appel est disponible au 0 800 360 360. Par ailleurs, l’accessibilité de la communication officielle est assurée en faisant appel à des interprètes en langue des signes (LSF), en sous-titrant les vidéos et en transcrivant les informations en langage Facile à lire et à comprendre (FALC) pour maintenir l’accès à l’information de tous. 

Rebond du Covid, protocole sanitaire dans le médico-social?

Rebond du Covid, protocole sanitaire dans le médico-social?

(j’ai pris cet article sur le site handicap.fr)

Lors du Conseil de défense et de sécurité nationale (CDSN), Sophie Cluzel, secrétaire d’Etat au handicap, dévoile les recommandations applicables aux structures qui accompagnent et prennent en charge les enfants et adultes en situation de handicap afin de faire face au rebond épidémique. Ces mesures et gestes de protection sanitaire s’inscrivent « dans la continuité de celles prises durant le confinement, puis de la reprise d’activité ». Le secrétariat d’Etat promet la mise en place d’une FAQ (foire aux questions) actualisée chaque jour, des rendez-vous hebdomadaires avec les associations gestionnaires et l’organisation, tous les 15 jours, d’entretiens avec les ARS (Agences régionales de santé).

Quelles mesures ?

Les admissions et accueils temporaires restent ouverts, sauf situation sanitaire exceptionnelle, et prennent en compte les impossibilités d’alternative, les répits d’urgence. Les accueils de jour sont maintenus, en assurant une surveillance renforcée. Toute évolution est concertée et doit être associée à la mise en place d’une continuité d’accompagnement. Les directeurs d’établissement décident des mesures applicables localement, après concertation collégiale avec l’équipe soignante, les médecins coordonnateurs ou avec le référent médical, en fonction de la situation sanitaire de la structure et dans le respect des préconisations des ARS. La mise en œuvre des mesures doit systématiquement donner lieu à une consultation du Conseil de vie sociale et est communiquée aux personnes.

Détail des nouvelles règles

Voici les principales modifications et ajouts au protocole 1ère vague Covid-19.

1. En cas d’accueil d’une part importante de personnes à risque de forme grave
• Élargissement de l’astreinte personnes âgées au public personnes handicapées 
• Articulation avec les communautés 360 et le numéro vert d’aide national 0 800 360 360
• Rappel des protocoles et spécificité de prise en charge des personnes handicapées (notamment aux centres 15) 
• Ajout d’une partie dédiée au port du masque : rappel des mesures en vigueur depuis le 20 juillet (professionnels, intervenants = masques chirurgicaux ou inclusifs) et rappel des dérogations possibles pour les personnes en situation de handicap 
• Ajout d’une partie dédiée à la restauration collective (faculté ouverte selon la situation intra-muros) 
• Ajout d’une partie sur l’organisation des transports (mesures graduées selon l’âge et le handicap ; masque ou distance, transport individuel privilégié pour les enfants à risque de forme grave qui ne peuvent porter le masque)
• Admissions et accueils temporaires (restant possibles sauf situation sanitaire exceptionnelle) 
• Accueils de jour : maintien avec surveillance renforcée, possibilité de fermeture concertée avec mise en place d’une continuité d’accompagnement 
• Limitation des sorties aux situations exceptionnelles en présence d’un premier cas de Covid, dans l’attente des résultats des tests. Surveillance au retour.

2. S’il n’y a pas une part importante de personnes à risque de forme grave
• Organisation des accompagnements et activités dans l’enceinte et en dehors de l’établissement selon l’âge des personnes, la distance du déplacement  
• Admissions toujours possibles sauf situation sanitaire exceptionnelle (suspension en cas de transmission avérée) 
• Maintien ouvert de principe des accueils de jour
• Limitation des sorties aux situations exceptionnelles en présence d’un premier cas de Covid, dans l’attente des résultats des tests. Surveillance au retour.

Des heures sup à +50 %

Rappelons par ailleurs que, de manière exceptionnelle et pour la période située entre le 1er octobre et le 31 décembre 2020, les heures supplémentaires réalisées pendant l’épidémie du virus Covid-19 par les agents affectés dans les établissements publics de santé et établissements publics locaux accueillant des personnes âgées et handicapées relevant de la fonction publique hospitalière seront majorées de 50%. Cette mesure représente un engagement de près de 4 millions d’euros pour le médico-social.

MDPH: fin des délais interminables pour obtenir ses droits?

MDPH: fin des délais interminables pour obtenir ses droits?

(j’ai pris cet article sur le site handicap.fr)

Elles informent, accompagnent et instruisent les demandes d’aides mais sont parfois débordées : les 104 maisons départementales des personnes handicapées (MDPH) vont faire l’objet d’un vaste chantier d’amélioration, pour les rendre plus efficaces et réduire les disparités entre territoires, ont annoncé, le 15 octobre 2020, le gouvernement et les départements.

Un baromètre pour mesurer les progrès

Cette démarche vise à « simplifier la vie quotidienne des personnes handicapées« , et notamment leur « accès aux droits« , a expliqué à l’AFP la secrétaire d’Etat au Handicap, Sophie Cluzel, qui doit lancer, dans la foulée, à La Rochelle ce chantier d' »amélioration du service public« , avec le président de l’Assemblée des départements de France, Dominique Bussereau. Le lancement de cette « feuille de route MDPH 2022 » se traduira notamment par la publication d’un « baromètre« , lancé dès le 15 octobre et actualisé ensuite tous les trimestres, et qui permettra au grand public de mesurer les progrès accomplis. Cet indicateur inclura, pour chaque MDPH, des données sur le délai de traitement des demandes ou le taux de satisfaction des usagers. Il permettra également de vérifier que la structure se conforme aux instructions gouvernementales de délivrer désormais des droits « à vie« , afin qu’une personne aveugle ou amputée n’ait plus à justifier régulièrement qu’elle est toujours handicapée.

Une enveloppe de 25 millions d’euros

Les MDPH constituent, pour les personnes handicapées, le principal guichet d’accès à leurs droits. Elles déterminent le taux d’incapacité des personnes et instruisent chaque année, pour 1,7 million de bénéficiaires, quelque 4,5 millions de demandes d’aides, qu’elles soient financières, matérielles ou humaines, pour la vie quotidienne, la scolarité ou l’insertion professionnelle. Le gouvernement consacrera 25 millions d’euros en 2021 à ce chantier d’amélioration du service rendu, dont 10 millions « spécifiquement consacrés au rattrapage des retards les plus importants dans le traitement des demandes« .

Former pour en finir avec l’inégalité territoriale ?

L’accent sera également mis sur la formation des professionnels. Les disparités sont parfois importantes d’un département à l’autre, avec des délais de traitement qui peuvent aller de deux mois et demi à plus d’un an. Des différences qu' »on ne peut plus accepter« , selon Mme Cluzel. Pour l’association APF France Handicap, qui « salue la démarche« , « il était temps que cette question » de l’efficacité des MDPH « soit mise sur la table« . L’inéquité territoriale, « c’est une vraie question », pointe Malika Boubekeur, chargée de ces dossiers à l’association. Elle cite ainsi le cas d’une personne dont les droits, qui lui avaient été accordés à vie, ont été revus à la baisse par une autre MDPH, après un déménagement.