Vacances apprenantes : quelles mesures en cas de handicap?

(j’ai pris cet article sur le site handicap.fr)

Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Education nationale, a annoncé le 6 juin 2020 le déblocage de 200 millions d’euros pour financer le dispositif « vacances apprenantes ». Alors qu’un enfant sur trois est privé de vacances, il doit permettre, dans un « contexte sanitaire complexe », à « un million » d’élèves de s’amuser tout en rattrapant le retard accumulé depuis le début du confinement. D’autres dispositifs visent également à proposer des « aides massives » aux familles à revenus modestes avec l’objectif d’un « tourisme solidaire, pour tous » (dossier complet ici).

23 mesures

23 mesures au total portent sur des aides d’urgence mais aussi des réformes plus profondes : écoles ouvertes buissonnières pour 400 000 enfants à la campagne, accueils de loisirs renforcés, chèque-vacances exceptionnel « été 2020 » pour 250 000 familles, location de chambres étudiantes ou encore accord national de tarifs préférentiels pour les séjours à la montagne, harmonisation des aides vacances des Caisses d’allocations familiales, simplification de la préparation des voyages scolaires par les enseignants, jumelage entre écoles européennes, réforme de l’agence des chèques vacances pour toucher davantage de Français… Parmi elles, plusieurs concernent les personnes en situation de handicap. Dans un tweet, Sophie Cluzel, secrétaire d’Etat au Handicap, promet, à son tour, des « vacances inclusives : des enfants prioritaires pour les colonies apprenantes, une Pch (prestation de compensation du handicap) plus facilement mobilisable et une meilleure formation des professionnels du tourisme ». En détail…

Colonies de vacances apprenantes

Des « colonies de vacances apprenantes » seront proposées à 250 000 enfants de 3 à 17 ans, avec des activités ludiques et pédagogiques qui leur permettront de renforcer savoirs et compétences dans la perspective de la rentrée prochaine. Ce dispositif s’adresse en priorité aux jeunes les plus exposés aux effets de la crise, dont ceux en situation de handicap, avec également « une attention particulière donnée aux mineurs accompagnés par la protection de l’enfance ». Une plateforme sera mise à disposition le 12 juin sur le site du ministère afin de référencer les offres.

PCH plus facilement mobilisable

Parce que, selon le ministère de l’Education nationale, « de trop nombreuses personnes en situation de handicap renoncent à partir en vacances avec leurs familles ou leurs proches du fait de surcoûts et de complexités engendrés par leur état de santé », il annonce que la Pch sera dorénavant plus facilement mobilisable pour financer des projets. Mais « les parents ne sont pas tous à la Pch, et la majorité ont l’Aeeh(allocation d’éducation de l’enfant handicapé) », rétorque Autisme66.  Par ailleurs, les personnes en situation de handicap pourront désormais avoir accès à des prises en charge et des soins en dehors de leur périmètre administratif, lorsqu’elles partent en vacances dans un autre département : les aides humaines ne s’interrompront pas mais seront assurées par des professionnels du territoire.

La marque Tourisme et handicaps mise en valeur

Ce plan entend également « rendre l’offre de tourisme plus inclusive ». Pour cela, selon le ministère, « il est nécessaire d’individualiser l’offre de tourisme adaptée pour les personnes en situation de handicap, et de communiquer plus largement sur la disponibilité dans chaque territoire » mais aussi de « former les professionnels des structures touristiques (ainsi que les animateurs des clubs enfants et des villages vacances) à l’accueil des personnes, et notamment des enfants ». A cet effet, la marque d’État Tourisme et handicaps sera mise en valeur auprès des établissements touristiques.

Un module handicap pour le BAFA

Une discussion sera par ailleurs engagée pour « créer une charte d’engagement des centres d’hébergement d’enfants » afin de « renforcer la confiance » et permettant l’inclusion de tous, notamment ceux en situation de handicap. Une autre mesure prévoit de « renforcer les formations de brevets d’aptitude aux fonctions d’animateur ou de directeur (BAFA et BAFD) » avec des modules optionnels sur la prise en charge des jeunes à besoins éducatifs particuliers (médicaux, handicap, difficultés sociales, …)

Réactions septiques

Début mai, en plein confinement, Emmanuel Macron a appelé à « réinventer » un « été différent » mais certains parents et associations postent des réponses septiques, notamment sur Twitter… « Pas de collège inclusif en raison du protocole sanitaire mais des vacances inclusives, je suis partagée entre rire ou pleurer », écrit une maman. « Vous savez très bien que, lorsque les troubles sont importants, les colonies refusent les enfants autistes ! », ajoute Autisme66. « Quand on fait un dossier plus de six mois à l’avance et qu’il n’est toujours pas traité, je ne vois pas comment faire un dossier de colonie accepté en deux mois », s’interroge Sabine.

Vacances apprenantes : quelles mesures en cas de handicap?

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